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Le Syndicat Suisse des Mass Média (SSM) réagit à l’article du journal « Le Temps » sur les cas de harcèlement à la RTS

Ce samedi 31 octobre, le journal Le Temps a publié une enquête faisant état de nombreux épisodes de mobbing, de harcèlement psychologique et sexuel à la RTS. 

Le SSM salue le courage des victimes qui ont décidé de libérer leur parole et de la porter publiquement. Le fait qu’il n’y ait, dans certains cas, pas eu de plaintes formelles ne doit en aucun cas servir d’excuse pour exonérer le management de sa responsabilité face aux dysfonctionnements constatés. Le SSM réaffirme ici se tenir du côté des personnes concernées. Le syndicat est à disposition de toutes les employées et employés qui souhaiteraient obtenir un soutien dans une situation de harcèlement.

L’existence de tels cas appellent à une remise en cause profonde du fonctionnement de la RTS. Avec ou sans plainte formelle, force est de constater que le dispositif actuel n’a pas fonctionné. Il est donc inefficace à prévenir et sanctionner les cas de harcèlement dans l’entreprise.

Le SSM attend dès lors de la Direction de la RTS qu’elle entre en matière sans délai sur la demande syndicale déjà formulée de mandater un organisme indépendant pour réformer le cadre réglementaire et nommer une personne de confiance externe à l’entreprise, à même de gérer professionnellement les situations problématiques. Le syndicat compte par ailleurs renforcer la protection de la personnalité dans la convention collective de travail (CCT), actuellement en négociation.

Il ne s’agira pas seulement de modifier le cadre réglementaire mais bien de changer la culture d’entreprise en profondeur, notamment au sein de l’encadrement. Cela passe par la fin de l’impunité pour les personnes qui se rendent coupables d’une atteinte à la protection de la personnalité et la mise en place de formations pour l’ensemble du personnel et particulièrement l’encadrement.

A ce sujet, le SSM s’étonne de la réaction de la Direction de la RTS dans sa communication tant interne que publique, Par le passé, le SSM a pu constater que les cas portés à la connaissance de la Direction n’avaient pas toujours été traités « avec diligence et fermeté ». C’est le cas notamment du dossier de celui que Le Temps nomme « Robert ». Le SSM avait alors fait savoir à la Direction son désaccord avec la manière dont elle entendait résoudre la situation, renvoyant le cas à la responsabilité de l’employeur à l’issue d’une enquête jugée problématique, une fois assuré que ledit Robert ne serait plus en contact avec des subordonné·e·s. Avec un tel traitement, il est compréhensible que les informations ne remontent pas systématiquement à la hiérarchie.

Une telle communication de la Direction pourrait faire croire qu’elle n’a pas pris la mesure de l’ampleur du problème et de l’étendue de ses responsabilités. Les responsables ne sont certainement pas les personnes qui n’osent pas porter plainte mais bien celles qui ont décidé de seulement « déplacer » Robert après des années de comportements inadéquats.

Afin de pouvoir envisager l’avenir plus sereinement, le SSM attend un réel changement d’attitude de la part de la Direction de la RTS. Il ne peut s’agir de simplement changer quelques dispositions sans s’attaquer réellement et en profondeur aux causes des problèmes. S’il est regrettable qu’il faille un article dans un journal pour saisir cette opportunité, il serait totalement inacceptable de s’arrêter à des dispositions de façade sans s’attaquer aux causes et particulièrement à une certaine culture de l’encadrement. Sans cela, la RTS s’expose aux risques que de nouvelles affaires existent sans que justice ne soit rendue pour les victimes. Ce que le SSM ne saurait tolérer.

 

Pour le SSM,

Jamal Al-Amine et Valérie Perrin

Secrétariat régional du SSM

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