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« Leutschenbach bouillonne » : Colère dans la newsroom de la radiotélévision alémanique

Leutschenbach, c’est le nom du quartier zurichois où se trouve le studio de télévision de SRF. Par un raccourci, c’est aussi ainsi que l’on nomme ce même studio.

Dans un article du Blick du 15 septembre (librement traduit sur notre site), on apprend que « Leutschenbach bouillonne ». Une lettre de protestation de la rédaction nationale de SRF exprime le mécontentement du personnel quant aux conditions de travail dans une newsroom soumise à une vaste réorganisation.

Soutenus par le SSM, les journalistes décrivent « un climat de travail empoisonné » par des annonces de suppression de postes et une efficacité journalistique « fortement remise en question ». Ils dénoncent des structures opaques et demandent une analyse pour améliorer des conditions de travail devenues inacceptables. “Trop souvent, en tant que journalistes critiques, nous nous sentons coupés des décisions prises en haut, ignorés et limités dans notre volonté de produire ». Dans la salle de rédaction, cela entraîne « un sentiment de perte d’autonomie ». Un climat tendu et un « sentiment d’insécurité permanent » qui débouche sur des départs de collègues de qualité.

Le journal fait état de critiques à l’égard d’un « excès de personnes occupant des postes de pseudo-dirigeants qui participent à la planification et à la coordination ». Il en résulte « beaucoup trop de séances et de tractations qui prennent du temps », au détriment du journalisme. Les ressources nécessaires à l’activité de base « migrent » de plus en plus vers « des activités de médias sociaux douteuses », dont personne ne peut même commencer à estimer les bénéfices.

A l’origine de cette dégradation, « l’éclatement des structures auxquelles nous étions habitués », au profit de rédactions spécialisées qui doivent couvrir plusieurs chaînes et programmes, ce qui rend difficile le suivi des choses et encourage la duplication. Il en résulte un « changement de climat général et un sentiment d’insécurité permanent ».